À l’occasion de la Gamescom 2026, nous avons pu tester ONTOS, qui promet d’ores et déjà de nous faire vivre une aventure horrifique d’un nouveau genre. Voici notre preview.
Un étrange laboratoire, des expériences malsaines qui dépassent l’entendement, des murs de rats et une tête à moitié découpée… Avec son dernier trailer, ONTOS ne sera assurément pas passé inaperçu à l’Opening Night Live de la Gamescom 2026. Mais cela n’a rien de très surprenant quand on sait qui se cache derrière ce nouveau titre : Frictional Games. Oui, ceux-là même à qui l’on doit le terrifiant Amnesia, devenu l’un des jeux d’horreur les plus influents de la décennie passée ; mais aussi le sinistre SOMA, dont ONTOS se veut justement être la suite spirituelle. Et même si ce dernier ne sera pas un jeu d’horreur au sens où on l’entend habituellement, avec ses courses poursuites haletantes et ses jumpscares par exemple, il n’en restera pas moins un jeu à ne surtout pas placer entre toutes les mains.
La terreur par le vide
À l’occasion du salon allemand, nous avons en effet eu la chance de pouvoir tester une première démo du jeu, à venir en 2027 sur PS5, Xbox Series et PC. Il s’agissait alors plus précisément de la séquence largement mise en avant dans le trailer de la conférence, où l’objectif était de retrouver la trace d’un certain Zike au sein de l’hôtel Samsara. Mais comme toujours dans les jeux de Frictional Games, à objectif simple démarche éprouvante. Pour pouvoir rejoindre sa position dans ce complexe aussi insolite que labyrinthique, l’homme au comportement ouvertement étrange nous intime de mettre la main sur un passe supposé nous ouvrir le chemin. Problème : le passe en question est détenu par un certain Crombie, scientifique apparemment victime d’une expérience qui aurait très mal tourné.

Qu’à cela ne tienne, l’héroïne d’ONTOS, Aditi Amani, commence donc à arpenter les couloirs de cette ancienne colonie minière toute napée de blanc où l’on ne croise pas âme qui vive à cet effet. Ce qui, en réalité, ne représente pour elle qu’une étape de plus dans les raisons justifiant sa présence ici : faire la lumière sur certains des mystères de son passé. Et d’entrée de jeu, l’immersion est totale. Bien qu’aucun danger ne soit de la partie, la tension est palpable tandis que l’on progresse entre ces murs d’un silence assourdissant. Il faut dire aussi qu’entre la présence de rats de laboratoire en piteux états et les différentes notes faisant état d’expériences plus que douteuses, il n’y a pas vraiment de quoi être rassuré. Encore moins quand Frictional Games insiste sur le fait que dans ce jeu, tout a des conséquences.
Rat de laboratoire
Notre rencontre avec Crombie ne tarde d’ailleurs pas à nous le prouver. Dès notre arrivée dans son laboratoire, ce dernier implore notre aide en nous parlant à travers un micro, qui semble directement relié au fameux mur de rats aperçu dans le trailer de l’Opening Night Live. Et pour cause, il s’avère qu’en réalisant une expérience destinée à permettre aux hommes de pouvoir copier leur conscience, le chercheur s’est retrouvé coincé en dehors de son propre corps. Tout du moins, c’est ce qu’il dit. Car lorsque l’on s’approche justement de son corps, relié à une chaise par d’immenses aiguilles plantées dans son crâne, celui-ci semble plus ou moins conscient et nous supplie même de ne rien toucher pour ne pas le faire souffrir davantage. Et c’est précisément ici que toute l’horreur d’ONTOS se joue.
Faut-il croire la mystérieuse voix qui nous parle à travers le micro et suivre ses instructions pour finaliser l’expérience, avec la promesse que Crombie nous donnera le passe une fois de retour dans son corps ? Ou faut-il au contraire ne rien toucher et se contenter de le voler, au risque que cela ne finisse par nous retomber dessus plus tard ? En sachant que, dans l’éventualité où la première solution est choisie, on prend alors le risque de faire une mauvaise manip et de causer la mort définitive du scientifique. Ce qui, forcément, ajoute une grande tension psychologique. D’autant plus qu’ONTOS ne sera jamais du genre à vous prendre par la main. Pour finir l’expérience, vous ne pourrez compter que sur les instructions de Crombie, couplées à une narration environnementale très poussée et remplie d’indices à prendre en compte.
Autant dire, donc, qu’on y réfléchit par deux fois avant de réaliser la moindre action. Mais parce qu’il faut bien prendre une décision à un moment ou à un autre, j’ai finalement choisi de mener à bien son expérience, au risque d’aggraver la situation. Et ce fut loin d’être une partie de plaisir. Car au-delà de la peur de commettre la moindre erreur et de me retrouver avec sa mort sur la conscience, chose sur laquelle le titre de Frictional Games a su jouer avec énormément d’habileté, j’ai surtout dû faire abstraction des supplications du corps, qui partageait sa douleur à chaque aiguille plantée ou retirée de son crâne. Heureusement pour moi, tout s’est bien terminé et n’ayant pas commis la moindre erreur, j’ai semble-t-il réussi à faire revenir la conscience de Crombie dans son corps.
Dans ONTOS, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise décision…
Pourquoi semble-t-il ? Parce qu’une fois de retour auprès de l’interphone me permettant d’échanger avec Zike, l’occasion m’a été donnée d’expliquer la façon dont j’avais réussi à obtenir le passe. Choisissant de dire la vérité, j’ai donc expliqué avoir finalisé l’expérience et ramené Crombie, qui m’a de lui-même donné ce dont j’avais besoin. C’est alors que je me suis retrouvé à subir les remontrances de Zike, qui m’a clairement fait comprendre que j’avais fait une grave erreur. Et c’est, une fois encore, ce qui s’annonce comme l’une des plus grandes forces d’ONTOS. Qui croire dans cette affaire ? Crombie, qui a tenu sa promesse auprès de moi ? Ou Zike, que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam, et dont le comportement des plus étranges invite forcément à la plus grande prudence ? Réponse en 2027.

Car forcément, Thomas Grip, directeur créatif chez Frictional Games, n’a pas voulu nous donner la réponse à l’issue de notre démo. À la place, le développeur s’est contenté d’expliquer que dans ONTOS, s’il sera parfois judicieux de suivre les instructions qui nous sont données, ce ne sera pas non plus toujours le cas. De cette manière, le studio espère ainsi confronter le public à des choix cornéliens, qui feront tout le sel de l’expérience. C’est en effet sur cela que reposera toute l’horreur du jeu : sur l’idée de terrifier les joueurs, non pas en les opposant à toutes sortes de monstres, mais en les poussant à questionner leur propre moralité et en les confrontant directement aux conséquences parfois inattendues de leurs actes. Et même si tout cela ne changera pas l’issue de l’aventure, le chemin, de son côté, en sera lourdement impacté.
ONTOS s’annonce déjà comme un jeu d’horreur d’un nouveau genre
Nous n’y avons peut-être joué qu’une petite demi-heure pour l’instant, mais cela suffit déjà à nous faire penser qu’avec ONTOS, Frictional Games pourrait bien réussir l’exploit de nous offrir un autre jeu d’horreur d’un nouveau genre. Loin des expériences traditionnelles en la matière, le titre semble ici pousser l’horreur psychologique à son paroxysme en nous plongeant dans un univers dérangeant où le malaise est palpable, et où notre libre arbitre devient finalement notre plus grande source de terreur. Si tout le jeu est à la hauteur de ce que nous avons vu à la Gamescom 2026, nul doute qu’ONTOS devrait avoir de quoi marquer les esprits. En tout cas pour les âmes les plus courageuses, car il est clair que ce n’est pas le genre de titre qui parlera à tout le monde.

